Faux travail ou vraies contractions : comment faire la différence ?

fausses contractions ou vrai travail comment faire la difference
Il peut être difficile de distinguer les fausses contractions du début du travail.
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L’essentiel en bref
  • Les "fausses" contractions (Braxton-Hicks) sont courtes, irrégulières, espacées et ne deviennent pas plus fortes avec le temps. Elles diminuent avec le repos, l’hydratation ou un changement de position.
  • Les "vraies" contractions deviennent progressivement plus régulières, plus rapprochées et plus intenses. Elles modifient le col utérin et permettent l'accouchement.
  • Le doute est normal et biologique. Il fait partie de l'accouchement. Le comprendre, se détendre, en parler ... permet de mieux vivre ce moment.
Sommaire

Ici, on vous donne des repères concrets pour différencier les "vraies" contractions du "faux" travail. On parle de ces premières heures, quand tout peut sembler vague, lent, surprenant, parfois troublant. Vous en parler permettra de vous aider à ressentir les choses en toute confiance le jour J.

“Le travail commence”… qu’est-ce que ça veut dire, vraiment ?

Les premiers signes de la mise en route du travail sont parfois discrets, parfois évidents, parfois contradictoires. Le corps teste, alterne et s’ajuste. Il prend le temps de trouver son rythme avant de s’engager pleinement.

Le processus de l'accouchement est long et en réalité, le corps se prépare depuis déjà plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Les hormones changent, le bébé se positionne doucement. Le col se modifie progressivement. Et puis, l’utérus s’entraîne avec des contractions irrégulières, qu'on ne ressent pas toujours, qu'on ne comprend pas forcément.

Qu'est-ce que les contractions de Braxton Hicks, fausses” contractions ?

Ces contractions sont-elles vraiment fausses ?

Ces contractions son bien réelles. Elles peuvent être à peine ressenties ou parfois être très impressionnantes. Cependant, on dit qu'elles sont "fausses" parce qu'elles ne déclenchent pas le travail, ni l'accouchement. Elles ne modifient pas le col de l'utérus, ni la position de bébé dans le bassin. C’est simplement le corps qui s'entraine avant le véritable travail.

A quoi servent ces fausses contractions ?

Ces "fausses" contractions, appelées aussi contractions de Braxton Hicks, permettent au corps de se préparer naturellement pour le Grand jour. En effet, l'effet de contraction est un mécanisme très puissant qui met à l'épreuve tout le corps. C'est, peut-être même, le mécanisme le plus puissant qui puisse exister dans la nature. Le corps doit donc s'entrainer pour supporter ce phénomène pendant plusieurs heures jusqu'à la naissance.

L’utérus est un muscle. Comme tous les muscles, il a besoin de s’exercer. Ces contractions permettent de tester ses fibres musculaires et de les renforcer. C’est un peu comme un échauffement avant un effort intense.

Les échanges d'oxygène sont parfois moins optimaux quand bébé prend beaucoup de place en fin de grossesse. Or, quand l’utérus se contracte puis se relâche, cela agit comme une pompe naturelle, qui peut favoriser la circulation sanguine vers le placenta et améliorer l’oxygénation du bébé.

Même si elles peuvent être déroutantes, elles servent aussi pour apprendre à reconnaître les sensations. Le faux travail en fin de grossesse permet souvent de mieux identifier le moment où les contractions deviennent différentes (plus régulières, plus intenses).

Quand peut-on ressentir les fausses contractions ?

Beaucoup de femmes ressentent ces fausses contractions au cours du troisième trimestre de la grossesse, parfois même bien avant. Certaines femmes ressentent ce faux travail plusieurs semaines avant la naissance, d'autres le ressente seulement quelques heures avant l'accouchement.

Il peut arriver que le travail se mette en route directement avec de "vraies" contractions de travail, mais c'est plutôt rare. Tous les corps ont besoin de s'entrainer, pour chaque grossesse.

Il est aussi fréquent que les fausses contractions alternent avec des vraies contractions efficaces pendant la phase de latence, c'est cette première étape de l'accouchement.

Qu’est-ce qu’une "vraie" contraction de travail ?

Comment la vraie contraction apparait dans le corps ?

On parle parfois de “cascade hormonale”. C’est une interaction subtile où le corps du parent et celui du bébé s’accordent. En effet, les contractions de travail arrivent grâce à un équilibre complexe entre :

  • une hausse d'ocytocine, cette hormone qui stimule les contractions
  • une diminution progressive de la progestérone, qui jusque-là gardait l’utérus "tranquille"
  • avec la participation du bébé lui-même, qui libère certaines substances, comme les prostaglandines ou le cortisol fœtal qui signale au cerveau que tout le monde est prêt
  • et avec de l’adrénaline qui peut créer un stress positif et permettre au travail de s’installer.

Quels sont les effets d'un vrai travail actif ?

Sous l’effet des “vraies” contractions de travail, le muscle de l’utérus se contracte de façon rythmée. Il se resserre, maintient une tension quelques secondes, puis se relâche complètement. Ce cycle répété crée une pression vers le bas et agit sur le col. Contrairement aux contractions d’entraînement, les “vraies” contractions sont capables de modifier le col, en l’assouplissant, en l’effaçant puis en le dilatant.

Faux travail ou vraies contractions : comment faire la différence ?

Quelle différence dans la sensation et la douleur ?

La "fausse" contraction de Braxton Hicks donne souvent une sensation de ventre qui se durcit pendant quelques secondes, sans douleur franche. Cela ressemble à une tension, une crispation, parfois une gêne, rarement à une vraie douleur.

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Une contraction de travail est une vague qui commence dans le fond de l’utérus et qui enveloppe tout le ventre. Elle dure plusieurs dizaines de secondes, voire plusieurs minutes. Elles montent en intensité puis redescend comme une vague et disparaît complètement avant de revenir. Elles peuvent provoquer un besoin instinctif de s’arrêter, de respirer différemment ou de changer de position parce qu’elle prend toute la place pendant quelques instants. Ce qui les caractérise, c’est surtout leur capacité à attirer toute l’attention et leur retour régulier.

Les contractions sont-elles régulières ou irrégulières ?

Les “fausses” contractions de Braxton Hicks sont souvent irrégulières, c’est-à-dire rapprochées puis espacées. Elles peuvent parfois s'enchainer quelques minutes puis s'espacer de nouveau et disparaitre complètement.

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Les contractions de travail peuvent être irrégulières et subtiles au départ puis elles ont tendance à devenir plus rythmées, plus longues, plus proches les unes des autres. Il n'y a de moins en moins de temps de récupération entre deux vagues.

Les contractions deviennent-elles plus fortes avec le temps ?

Elles peuvent être de plus en plus intenses, parfois extrêmement fortes, à certains moments puis redevenir à peine perceptibles. Elles peuvent disparaître avec un changement de position, avec un verre d’eau, en se reposant, en marchant ou sans raison particulière.

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La douleur augmente progressivement sans jamais revenir à l'intensité de la vague précédente. Les "vraies" contractions ne cèdent jamais complètement. On les sent toujours, même en changeant de position. Elles sont parfois plus fortes au repos. Plus le temps passe et plus les contractions nécessitent de s'arrêter de parler, de se stopper dans ses gestes. Elles demandent toute l'attention et parfois un besoin de souffler pour se concentrer.

Pourquoi on hésite encore ?

Parce qu’au début, le travail ressemble à pleins d’autres choses :

  • faux travail / contractions Braxton Hicks
  • douleurs digestives
  • tension ligamentaire
  • fatigue / stress

De plus, certaines contractions d'entrainement sont étonnamment fortes et peuvent imiter le travail. A l’inverse, certaines contractions de travail commencent très discrètement, sans s'en apercevoir. Et parfois… le corps alterne entre les deux types de contractions avant de trouver son vrai rythme.

De son côté, le cerveau attend. C'est son fonctionnement normal. Le cerveau attend d'avoir des signes précis pour pouvoir identifier une situation. Tant que le cerveau ne reconnait pas les signes, aucune confirmation n'est envoyée au corps, le doute persiste.

Les hormones jouent aussi un grand rôle dans cette hésitation. L'adrénaline que l'on sécrète naturellement au cours d'une journée maintien la vigilance. Tant que l'adrénaline est élevée, le cerveau veut comprendre, contrôler, vérifier. Et tant que le cerveau essaie d'analyser, le corps hésite.

Ensuite, quand le travail avance, l'utérus sécrète de l'ocytocine. Cette hormone permet au cerveau de se mettre en veille afin de se concentrer sur les sensations du corps. Au fur et à mesure, quand les sensations augmentent, le doute diminue naturellement.

C'est aussi la position de bébé et la dilatation du col utérin qui modifient les perceptions de notre corps, pour nous faire comprendre doucement que l'accouchement commence.

C’est pour cela que le doute est normal. Il est naturel et biologique. Il fait entièrement partie du processus de l'accouchement.

Comment vivre les doutes du début de travail ?

Ici, on vous dit tout. Ce n'est pas toujours facile à vivre parce que cette hésitation du début de travail reste souvent un fait oublié qui n'est pas raconté dans les récits d'accouchement. On se sent souvent seule dans sa tête avec ce doute que l'entourage ne peut pas toujours percevoir, ni comprendre. Parfois ce doute est tellement immense qu'il envahit nos pensées. On peut être submergé de milles questions ... parce qu'il est aussi lié à la peur d'accoucher, la peur qu'il se passe quelque chose d'anormal, la peur de ne pas y arriver, la peur de ne pas être prête ...

Toutes ces questions sont normales et légitimes. Vous n'êtes pas seule, beaucoup de femmes passent par là.

Bravo pour cette lecture qui vous apportera déjà de la compréhension sur ce que vous allez vivre, ou sur ce que vous avez vécu. Comprendre ce qui nous arrive, comprendre que c'est une étape normale de l'accouchement permet de s'apaiser et de mettre en place des petites stratégies pour mieux vivre ce moment.

On peut, par exemple, faire lire cet article à son partenaire du jour J pour qu'il/elle puisse aussi comprendre cette situation et vous soutenir. On peut aussi penser à ce qui nous détend habituellement : une douche, une tisane, un exercice de respiration, du chocolat, une série Netflix, un massage ... Cela vous permettra de diminuer un peu votre stress en attendant que le doute baisse naturellement.

Rappelez-vous que l’essentiel n’est pas de deviner parfaitement le bon moment mais plutôt de repérer simplement ce qui évolue et ce qui revient dans votre corps, et surtout de transformer cette attente en un moment positif pour prendre soin de soi.

TEMOIGNAGES PARENTS
Comment les contractions débutent réellement ?

“Je ne savais pas que c’était vraiment le travail…”

Quand on écoute les récits d’accouchement, on réalise vite que la plupart des parents n’ont pas vécu un “début clair et net”. Beaucoup disent qu’ils ne savaient pas que c’était vraiment le travail… jusqu’au moment où tout s’est organisé. Ces situations, très fréquentes, montrent à quel point la réalité diffère du mythe.

“Mes contractions étaient irrégulières pendant des heures.”

Beaucoup de femmes décrivent des contractions espacées, puis rapprochées, puis à nouveau irrégulières. Rien de précis. Et puis, sans prévenir, le corps trouve son rythme. Cette phase chaotique est l’un des débuts les plus courants.

“Tout est allé très vite : je n’ai rien compris.”

Certains accouchements commencent par des contractions fortes dès le départ. Vingt minutes plus tard, elles sont déjà rapprochées. Le parent a à peine le temps d’appeler la maternité que le travail est lancé. Il faut se dire que même si on aimerait toute accoucher vite, ces situations restent rares.

“Je suis restée dans le doute pendant des jours.”

Il existe aussi des phases de latence très longues entre tiraillements, petites contractions, fatigue, signes qui apparaissent puis disparaissent. Chaque soir, on se dit : “peut-être cette nuit”… et rien ne se passe. Et un matin, sans raison apparente, le corps se décide.

“Je n’arrivais plus à parler pendant les contractions.”

Quand une contraction prend toute la place, le cerveau bascule en mode “instinctif”. C’est un signe que l’utérus travaille efficacement et que le corps mobilise toute son énergie pour accompagner la vague.

Ces histoires sont la preuve que le début de travail n’a pas de forme unique. Quelle que soit la manière dont il se présente, votre corps suit son propre chemin, et toutes ces trajectoires sont normales.

Comment reconnaître des contractions efficaces qui s’organisent ?

Au début, les contractions peuvent être irrégulières : 10 minutes… puis 25… puis 8 min … C’est normal. Ce qui montre qu’elles “s’organisent”, ce n’est pas la perfection du rythme, mais :
• une tendance à se rapprocher,
• une montée en intensité,
• un temps de récupération plus court,
• l’impression que votre corps “se met au travail”.
Quand on commence à devoir s’appuyer, arrêter de parler, respirer plus profondément, ou changer de position à chaque vague, c’est que le travail cherche son rythme.

L’essentiel, c’est l'évolution de l'ensemble : contractions + intensité + régularité.

En bref, le début du travail, c’est un chemin.

Le début du travail n’est pas quelque chose qu’il faudrait “deviner”, “réussir” ou “anticiper parfaitement”. C’est un chemin, avec ses hésitations, ses sensations nouvelles, ses moments de doutes et ses petites victoires. Votre corps fait le travail à son rythme. Il n’a pas besoin d’être “dans les clous”, ni d’avancer comme dans un manuel. Il suit une logique qui lui est propre, parfois discrète, parfois surprenante, mais presque toujours parfaitement normale.

Vous avez le droit d’appeler dix fois si besoin. Les équipes connaissent parfaitement cette période d’incertitude. Elles savent que le doute fait partie du processus. Un appel n’est jamais de trop : c’est un outil, un soutien, un lien.

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